Promenade : liberté et sécurité !

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Entre les jours qui grandissent et le soleil qui pointe le bout de son nez, la tentation est grande de partir en promenade à dos de son fidèle destrier ! Alors bien sûr, les grands espaces, les champs à perte de vue et cette sensation indescriptible de liberté nous font rêver, mais attention, une promenade, ça se prépare. Le cavalier est plus que jamais vulnérable lorsqu’il part en ballade, on vous propose donc de faire le point sur quelques règles essentielles afin de profiter pleinement de vos escapades équestres !

#1 : Pas d’impasse sur la bombe !

Evidemment c’est super agréable de sentir le vent dans ses cheveux et de se la jouer Pocahontas  au milieu des champs mais en ballade comme n’importe où à cheval, le risque zéro n’existe pas ! Inutile de faire un dessin, tu vois la route ? on te laisse imaginer à quoi ta tête pourrait ressembler si elle la heurtait. Donc tu ne discutes pas et tu mets cette bombe que tu as commandé à Noël en ruinant la moitié de ta famille, non mais 😉 !

#2 : Rester groupir

A moins d’avoir un cheval bien rodé et impassible aux éléments extérieurs, on évite absolument de partir seul ! En cas de difficulté, on ne sera jamais trop de deux. L’idéal étant de faire des associations logiques, on t’explique ; un jeune avec un vieux, un vaillant et un peureux… De cette façon les chevaux se sentiront plus facilement en confiance et cela permet d’habituer les chevaux les plus réticents pour les rassurer. Et on pense aussi à avertir les cavaliers de l’écurie de notre départ et à prendre un téléphone (et oui, même pour faire le tour des champs), on est jamais trop prudent.

#3 : Réviser son code

Bon t’as bien compris (et surement fait la malheureuse expérience) qu’à cheval tu es l’ennemi des automobilistes, qui trop souvent ne comprennent pas qu’un cheval est un animal imprévisible et que oui, doubler à 80 même en déboitant bien, ça peut le surprendre. Pour faire simple, ce sera donc TOUJOURS à toi d’anticiper les croisements avec ceux qui partagent ta route. Pour cela, on évite évidemment les grosses nationales bien passantes, on reste en file indienne, on signale sa présence par des signes aux automobilistes, et on ouvre bien grand les yeux et les oreilles !

#4 : On profite !

Eh oui quand même ! Parce que c’est ça aussi la ballade, se promener au coucher du soleil, s’arrêter dans les prés pour brouter, traverser les ruisseaux, regarder les petits oiseaux, refaire le monde avec les copains !

Les promenades ne sont pas toujours évidentes pour tous les cavaliers et avec tous les chevaux, mais en optimisant au mieux son escapade, elles peuvent devenir des moments vraiment sympas à partager avec vos montures. Et vous, ça vous parle la promenade ?

Comment remédier à une main trop forte ?

Il y a quelques temps, cette question est survenue au cours de l’une de nos conversations entre bloggeuses.

On entend souvent parler de « main trop dure », « main trop forte » ou encore « avoir trop de mains ». RIDE UP a décidé de se pencher sur le sujet !
Reprenons… A la base !

Selon Jean-Luc Force, « pour maîtriser les forces propulsives de son cheval, ce dernier doit être en relation avec la main du cavalier », autrement dit, c’est là qu’intervient le contact.

« Il faut lui proposer un contact constant que l’on obtient par beaucoup de sensibilité accompagnée par un travail répété et régulier ». Vous aussi, vous l’avez sûrement entendu, la définition du contact comme étant le rapport confiant, moelleux et permanent qui doit exister entre la main du cavalier et la bouche du cheval.

Sensibilité. Régularité. Confiance. Retenez, on en reparle après ! Reprenons.

« Le cheval doit se livrer peu à peu, il faut qu’il l’accepte, qu’il nous fasse confiance. » (Ah ! Qu’est-ce qu’on vous disait !)

« Il ne peut se livrer sur le contact que si le cavalier le conforte dans cette idée et l’aide à s’installer dans l’équilibre. Tout le corps du cavalier doit fonctionner pour suivre la bouche du cheval ».

Ok. Donc, si on résume : le cavalier établit un contact avec le cheval via le lien bouche/main. Celui-ci doit être régulier pour que le cheval soit en confiance. Le cavalier doit être sensible aux réactions de son cheval pour que ce contact reste agréable et confortable pour la bouche et pour la main.

Du coup, qu’est-ce qu’on entend par « main trop dure » ?

L’inverse ! En vérité, chez  RIDE UP, on ne croit pas qu’une main soit trop dure. C’est plutôt une histoire de tension, de crispation sur les rênes, de raideur du cavalier. On s’explique !

Après moultes recherches, innombrables séances d’observations de cavaliers en tout genre, lecture d’avis et de photos équestres traduisant l’attitude des chevaux, plusieurs causes identifiées :

*Un problème d’équilibre du cavalier et de dissociation des aides.

On le sait tous, quand les muscles nous font défaut, on se raccroche à ce qu’on peut ! Et la plupart du temps, le réflexe est d’attraper les rênes plutôt que la crinière (Si si, avouez ! Nous aussi ça nous est déjà arrivé d’avoir les fesses un peu lourdes !). Alors une fois parce que les cuisses ne répondent plus de rien, passe, par contre, à chaque à-coup, bonjour les dégâts !

Ce problème d’équilibre découle bien souvent d’une mauvaise attitude générale du cavalier, et d’une difficulté à dissocier les aides (vous savez, la fameuse indépendance des aides, genre « si ma jambe gauche recule, la droite ne doit pas la suivre. Et si j’écarte ma rêne droite, la gauche doit savoir rester à sa place ».)

*Un problème d’appréhension à cheval

Bien souvent, les craintes que l’on peut avoir à cheval font que le cavalier se raidit. Et : un cavalier qui se raidit > un cavalier qui se tend > un cheval qui se tend.

C’est aussi simple que ça. La peur peut être l’une des raisons pour lesquelles le cavalier s’accroche aux rênes, seul « moyen » qui, pour lui, à l’instant T, lui permet de garder le contrôle.

*Un problème de décontraction

Dernier point qui nous semble être le plus courant chez le cavalier : le manque de décontraction.

Le cheval ressent tout de vous, tout. Quoi que vous fassiez sur son dos, il le sentira. On observe donc, de part ce manque de décontraction, un cavalier qui devient de plus en plus rigide, soit par crispation car il n’arrive pas à obtenir la bonne interprétation de l’exercice demandé, soit parce qu’il n’est pas pleinement dans ce qu’il demande.

Comme disait justement Samy Frey dans « Danse avec lui » : « si les chevaux nous portent, c’est qu’ils sont gentils. Ils ont la gentillesse de nous supporter. […] Si vous voulez qu’ils vous aiment, ayez au moins la politesse de ne pas charger vos problèmes sur son dos ».

Un cavalier qui se raidit tire. Et nous entrons dans cette spirale infernale du « je tire, tu tires, il tire, nous tirons… ». Rappelez-vous qu’au bout de ce petit bout de cuir est rattachée une petite bouche sensible qui n’a rien demandé, et que cette bouche appartient à un corps qui pèse 10 fois votre poids ! Vous perdrez, OBLIGATOIREMENT !

De plus, de part nos diverses expériences et observations, nous avons aussi pointé du doigt la question de la main dominante. Vous êtes droitier ? Gaucher ? Vous serez donc naturellement plus à l’aise d’un côté que de l’autre. De ce fait, cette main sera beaucoup plus présente que l’autre sans même y penser.

Chez RIDE UP, avec tout ça, on en vient à se dire que l’histoire de la main « trop forte », elle s’estompe un peu.

Par contre, on parlerait plutôt d’une « mauvaise main », vous voyez, celle qui n’ouvre jamais les doigts sur les rênes pour « laisser passer », qui ne sait pas rompre le contact et qui vient coincer le cheval entre les mains avec des actions qui tirent vers l’arrière. Vous la voyez bien là ? Parfait !

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Par conséquent, une bonne main, c’est une main qui est toujours avec la bouche, qui accompagne et qui n’est jamais contre le cheval. Mouais. Plus facile à dire qu’à faire n’est-ce pas ?

Quelques pistes de travail…

Tout d’abord, attelons-nous à l’attitude générale, à l’équilibre et à la dissociation des aides du cavalier.

Le premier conseil que l’on peut vous donner : se faire filmer pendant les séances de travail. Sur le plat ou à l’obstacle, la visualisation de son attitude générale permet de se rendre compte de sa position et d’identifier les défauts à corriger.

Autre conseil : beaucoup de mise en selle.

Débutant, galop 5 ou cavalier émérite, personne n’y échappe. Elle permet vraiment de travailler sa position, elle apprend à descendre ses jambes dans sa selle, à être assis sur ses deux fesses, au milieu de sa selle afin d’être le plus stable possible.

D’ailleurs, si vous avez déjà observé le paddock des épreuves internationales de CSO, vous verrez, beaucoup de cavaliers débutent leur détente sans étrier !

Il y a quelques années, l’une des vieilles techniques de moniteur était de nous faire monter avec de la laine : soit on fait des rênes en laine à utiliser en complément des rênes classiques, soit on ne se sert que des rênes en laine en faisant un noeud aux rênes classiques. Dès qu’on allait contre le cheval, vous avez deviné ? La laine cassait ! On prenait ainsi conscience que nos actions de main étaient mal dosées. Bonne idée, mais pas la plus pratique, on vous l’accorde.

On a donc cogité un peu, et on vous propose des activités un chouilla plus modernes.

Le principe : oublier les rênes quelques instants, ou, tout du moins, vous rendre compte que l’on peut fonctionner avec un contact différent sans pour autant arracher 4 dents à poney d’amour à chaque transition.

Gardez bien en tête que ces exercices sont transitoires et ponctuels, et qu’ils ne sont que des « outils » à votre prise de conscience.

  • Focaliser son attention…

Sur autre chose !

Notre coach est une adepte de la lingette ! Comment ? Prenez une lingette pour bébé, attachez-la à l’un de vos étriers. Le but : la détacher au pas/trot (voire, pour les plus expérimentés, au galop) tout en conservant un minimum de contrôle de votre cheval. Tout de suite, vous vous libérez de la crispation sur les rênes en travaillant votre coordination, magique !

Autre exercice (seulement si c’est possible avec poney d’amour) : faire des passes à un cavalier, à pied ou à cheval. Prenez modèle sur les cavaliers de horseball un peu. On tient les rênes, on attrape la balle, on la renvoie, on reprend les rênes… Faire deux choses en même temps ? Un jeu d’enfants !

  • Travailler son équilibre

Malheureusement, là, on a eu beau retourner ciel et terre, on n’a pas de remède miracle à part faire chauffer les muscles !

Travailler son équilibre, ça signifie aussi travailler EN équilibre, sur des transitions, sur des cercles, avec ou sans étriers, allez, on tire sur les cuisses ! Et on vous voit les tricheurs ! On descend les talons vers le bas et on remonte les pointes de pieds, sinon c’est sans la selle !

La seule astuce : la crinière ! Et pour les victimes de la coupe en brosse, les passants du tapis attachés ensemble feront très bien l’affaire en guise de poignée !

3 –  Dissociation des aides

Vous avez du mal avec la droite ? La gauche ? Les deux en même temps ? Vous n’arrivez pas à faire une jambe isolée sans que la main inverse suive le mouvement ? Alors vous allez être servi.

Vous pouvez, dans un premier temps, travailler avec les deux rênes dans une seule main, vous obliger à conduire votre cheval sur un tracé précis (type barres au sol, cercle, slalom…) et, de votre main libre, faire des cercles sur votre tête, compter sur vos doigts… Alerte concentration maximum !

Autre technique : inverser vos rênes ! Allez, on essaye ! On réfléchit, on est logique, et même principe : on conduit sur un itinéraire précis. Niveau dissociation des aides, vous allez être NI-CKEL !

Le but est vraiment de vous « libérer » du « poids » des rênes. Elles sont utiles, certes, mais pensez aussi que la bouche n’est pas le seul point d’entrée de la communication avec votre cheval. L’assiette, et bien entendu la voix sont autant de moyens de se faire comprendre, alors ne les négligez pas.

Certains d’entre vous nous dirons que c’est bien gentil tout ça, mais si on changeait seulement le matériel ? Et bien sachez qu’il n’y a pas de mauvais outils, seulement de mauvais ouvriers, alors les amis, PRUDENCE !

Bien entendu que le changement peut être une des solutions, mais attention à vos choix ! Oui, le cheval sera certainement plus agréable, mais dans bien des cas, le problème n’est pas résolu, seulement masqué.

Les solutions qui nous paraissent peut-être les plus appropriées

*les equidrivesrideup main equidrive

Pour ceux qui ne connaissent pas, on vous laisse découvrir le concept par là >>> Equidrive One

 

 

rideup main amortisseurderenes*les amortisseurs de rênesRIDE UP n’a pas encore testé, mais on est tombé dessus pendant nos recherches. On vous laisse le lien et la parole. Pour ceux qui ont déjà testé, on veut bien votre avis ! >>> Amortisseurs de rênes

 

*le Freejump (collier)

AAAHHHH !!! Le FREEJUMP ! L’objet de torture par excellence ! Mais tellement efficace. Sur le long terme, oui, mais ça marche.rideup main freejump

Le principe : un collier (que l’on assimilera à une bricole), deux élastiques (un de chaque côté) et deux poignées en T (à prendre avec vos rênes). Oui, on sait, au début, on a juste l’impression d’être attaché à l’encolure. Mais vous verrez, on s’y fait vite. Et surtout, on prend vite conscience de nos mauvaises manies.

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Résultat : une fois apprivoisé, on ne tire plus, on apprend à être plus « léger », à doser et on retrouve de la stabilité pour les mains les plus… baladeuses. (Oui, on avoue, on a un petit faible pour lui !).

 

*le changement de mors

rideup main illustrationEncore une fois, selon le travail et la discipline pratiqués, n’hésitez pas à demander conseil à des professionnels. Pour rappel, on parle toujours du petit être fragile que l’on a entre les mains et de son bien être, alors s’il vous plait, pas de décision hâtive et hasardeuse. Prenez le temps de réfléchir à ce que vous devez changer chez vous avant de vouloir tout révolutionner chez l’autre 😉

 

Enfin, le point qui nous paraît essentiel : le travail sur soi

Comme abordé plus haut, le problème vient principalement du cavalier et de son manque de décontraction.

Le fait d’être contracté se transmet à notre cheval. Ainsi, une action simple comme une rêne d’ouverture peut devenir une prise de catch si l’animal décide d’entrer en conflit avec nous, et/ou si la douleur ressentie est trop intense. Pour éviter cela, un vrai travail sur soi s’impose.

1 – Le relâchement

rideup main illustration(Ré)Apprendre à respirer.

Quand on est crispé, plus rien ne circule correctement, même pas l’air. Le petit article suivant vous donne 2/3 techniques pour respirer autrement en quelques secondes (on a conservé les trois premières)

>>> Méthodes de respiration anti-stress

Parfois, nous avons seulement besoin de fermer les yeux et de souffler sur quelques foulées pour relâcher la tension (le « break mental » comme on dit chez nous !).

Se relâcher, ça peut aussi passer par le fait de chantonner, siffloter… Bref ! Pensez à quelque chose d’agréable, vous verrez, ça vient tout seul ! Regarder autour de soi permet d’ouvrir sa position et deux/trois rotations de tête permettent de dénouer la nuque.

2  – Prise de conscience et ressenti

Garder les bras souples, suivre le mouvement du cheval. Agir en actions discontinues, demander puis redonner lorsque le cheval a cédé… Pour que ces mouvements deviennent naturels, nous avons besoin de développer notre sensibilité de cavalier, apprendre à ressentir ce qui se passe en-dessous de la selle et au sol. Plus on arrivera à comprendre comment ça fonctionne, plus on acquerra de réflexes simples mais indispensables.

Le but : amplifier son ressenti pour savoir redonner la main quand c’est nécessaire. De ce fait, on arrivera à anticiper un maximum.

C’est plus facile lorsque l’on a toujours le même cheval. Quand on change de montures, le ressenti est différent, mais la sensibilité se doit d’être plus accrue, on parlera d’adaptabilité à la personnalité de chaque cheval.

Par conséquent, si vous avez déjà pris conscience de votre défaut, c’est qu’une partie du chemin est déjà faite. Vous montez en réfléchissant, le travail n’en sera que plus facile. Nous devons toujours garder à l’esprit ce développement de notre sensibilité en selle, qui s’affine avec la pratique et le temps.

Attention cependant : tous les éléments de travail donnés ici n’ont que vocation à vous aider dans votre cheminement, afin de mieux cerner le problème. Vous seul et/ou votre coach sera à même d’identifier exactement la cause et la solution la plus appropriée.

Aucun cavalier n’a la science infuse et nous n’avons pas la prétention de dire que les éléments exposés dans cet article sont la seule vérité, bien au contraire ! Nous en apprenons tous les jours et le plus important est de rester à l’écoute de notre cheval et des messages qu’il essaye de nous faire passer.

Avant de penser technique, il faut penser sentiment et biomécanique. Ainsi, une fois plus ouvert dans votre position, vous pourrez ouvrir votre esprit sur une autre équitation, comme celle évoquée dans l’ouvrage « La gymnastique des chevaux de sport » de F. Denis (dont on vous parlera très prochainement).

Et n’oubliez pas : « Celui qui a déplacé la montagne, c’est celui qui a commencé par enlever les petites pierres ».

Illustrations : « Être cavalier », édition Lavauzelle, illustrations humoristiques de Fanny Ruelle.